
Kuya Nick, de son vrai nom Nestor Arambulo, a 46 ans. Il est originaire de Sapang et issu d’une des plus anciennes familles du village. C’est lui qui, appelé par le Seigneur, est entré en contact avec la Fraternité de Tibériade afin de fonder la communauté Saint Damien – il en est d’ailleurs le responsable local – et tout ce qui en a découlé (l’ONG Tiberiade Community Foundation, le programme de bourses d’étude, l’atelier Saint Joseph, la venue de couples de coopérants,...) Afin de mieux servir ses frères, il s’est engagé voici quelques années comme laïc consacré dans la Fraternité de Tibériade. Enfin, il est aussi un « grand frère » pour beaucoup de Philippins qui viennent trouver chez lui conseils et encouragements. Nous savons aussi que nous pouvons nous fier à lui et lui demander de l’aide afin de mieux appréhender la mentalité et le comportement des gens d’ici.
Nous côtoyons tous les jours Kuya Nick, à la communauté Saint Damien pour les temps de prière et les repas, mais aussi au travail dans certaines activités de l’ONG, principalement le programme de prévention sanitaire et les bourses d’étude. Peut-être le mieux est-il de lui laisser à présent la parole :
« J’ai grandi dans une famille catholique mais non pratiquante. Un jour, j’ai rencontré un missionnaire belge qui est resté aux Philippines pour plus de 20 ans. Je suis devenu acolyte, ensuite catéchiste puis j’ai eu beaucoup de chance car j’ai obtenu une bourse pour devenir éducateur. Je n’ai jamais vraiment pratiqué mon métier mais cette expérience d’éducateur m’a permis de rencontrer Dieu à travers les enfants des rues à Manille. En 1995, pendant les journées mondiales de la jeunesse à Manille, j’ai rencontré Frère Emmanuel et cela a été une grande grâce pour moi car cela m’a permis de découvrir ce que Dieu voulait que je fasse de ma vie. Le Seigneur m’a montré le chemin. Ce fut source de grande joie parce que je me sentais comblé. Et aujourd’hui, je suis heureux car j’ai l’impression que j’ai déjà accompli une partie de ce que Dieu me demandait de faire. C’est pourquoi, je tiens encore à remercier la communauté de Tibériade de m’avoir formé, accompagné et soutenu dans ma mission dans une communion d’esprit et de spiritualité. Je prie pour que toutes les grâces reçues soient également partagées à d’autres et qu’elles puissent rayonner et toucher d’autres âmes. Et pour finir, je voudrais dire ceci : vivons simplement afin que d’autres vivent aussi simplement. Ne cessons de chercher Dieu et ne nous préoccupons pas des choses matérielles. Recherchons le trésor spirituel et non celui qui ne dure pas.
« Ma mission principale est d’assumer la tâche de berger dans la communauté. J’essaye de mettre Jésus au centre de ma vie car Il en est la fondation. C’est Lui notre berger, notre chemin, notre maître. Rendons sans cesse grâces et louanges au Seigneur pour toutes les merveilles qu’Il accomplit dans nos vies.
« Le plus difficile pour moi est de transmettre l’éducation que j’ai reçue et de motiver les gens à se mobiliser pour faire changer les choses. La condition sociale des habitants de Sapang est le principal obstacle à tout changement. Les responsables ne sont pas des meneurs. Or, le développement du village n’est possible que si nous unissons nos efforts. La prière me permet de trouver la force de continuer ma mission.
« La plus grande grâce qui m’a été donnée dans ma vie est la communauté ici à Sapang et la communauté de Tibériade en Belgique. Ce sont des cadeaux du ciel. En communauté, nous portons le fardeau quotidien. Nous le portons tous ensemble. Cette solidarité et cette communion me permet de continuer ma mission et d’abandonner chaque jour ma vie au Seigneur. »
